Ce slogan qui a contribué en France et dans le Sud de la Belgique au succès du magazine « Paris Match » en dit long sur ce que l’esprit humain retient de ce qu’il voit et de ce qu’il entend.
A titre personnel je me souviens qu’étant enfant, la vision de certains films générait une angoisse que mes parents tentaient de combattre avec plus ou moins de succès en me disant que ce que j’avais vu n’était que du cinéma et non pas la réalité.
De nos jours, nous vivons dans un univers surexposé aux messages et bon nombre des infos que nous recevons ont été créées de toutes pièces et ne dépeignent qu’une réalité tronquée voire totalement inexistante. Comme par le passé, l’attitude a été de se dire qu’il suffisait de prévenir les destinataires de la possibilité de “manipulation” (notion de transparence) pour que le bon sens l’emporte et qu’aucun crédit ne soit accordé à ces “fake news“.
Raisonnement logique et intention fort louable mais…
Deux psychologues de l’université de Bristol, Royaume-Uni ont voulu vérifier que cette façon de faire était efficace. Ils ont présenté à des sujets volontaires des vidéos dans lesquelles des personnes avouent un crime ou une transgression morale. Ces vidéos étaient projetées telles quelles ou précédées d’un avertissement précisant qu’il s’agissait d’une invention (deepfake). A la suite de cela, les sujets étaient interrogés sur la culpabilité des personnes.
Les résultats montrent que la plupart des participants se fient au contenu de la vidéo, même lorsqu’ils ont été avertis de sa nature truquée. A noter que cela concerne également les sujets qui ont indiqué avoir vu et cru l’avertissement. Autrement dit, ils savaient qu’il s’agissait d’une vidéo truquée !
Les expérimentateurs concluent que la transparence ne permet pas de neutraliser entièrement l’influence des vidéos truquées, ce qui devrait faire réfléchir les législateurs, les décideurs politiques et les organismes de réglementation des contenus en ligne.
Nous ne saurions mieux dire.
PS: Le compte rendu intégral des expérimentations (The continued influence of AI-generated deepfake videos despite transparency warnings) est disponible en open access sur le site de Communications psychology, une émanation du groupe de presse Nature. Et pour vous faire une idée du degré de véracité des “aveux”, je vous engage à télécharger Supplementary Information qui se trouve en toute fin d’article et qui reprend la transcription verbatim des 2 vidéos utilisées dans l’expérimentation.







