Eau, santé et pollution, un enjeu silencieux pour la médecine.
Le 22 mars marque chaque année la « World Water Day », une initiative portée par les Nations Unies (ONU) pour rappeler l’importance de l’eau douce pour la santé humaine et les écosystèmes. Pour les professionnels de la santé, cette journée est aussi l’occasion de rappeler une évidence biologique, l’eau est au cœur du fonctionnement du corps humain.
Chez l’adulte, elle représente environ 60% de la masse corporelle, elle assure le transport des nutriments et des hormones, participe à la thermorégulation, soutient la fonction rénale et constitue un élément essentiel du milieu dans lequel se déroule l’ensemble des réactions métaboliques. Le cerveau lui-même est composé d’environ 70% d’eau. Sans hydratation suffisante et de qualité, les équilibres physiologiques se fragilisent rapidement.
Mais la question n’est plus seulement celle de la quantité d’eau disponible, se pose désormais aussi celle de la qualité de l’eau que nous consommons.
Dans de nombreuses régions du monde, y compris en Europe, les ressources hydriques sont exposées à des contaminations croissantes telles que nitrates agricoles, pesticides, résidus médicamenteux, microplastiques, hormones, drogues ou encore les PFAS, ces composés chimiques extrêmement persistants parfois appelés « polluants éternels ». Les agences sanitaires internationales s’accordent aujourd’hui sur plusieurs effets sanitaires associés à l’exposition chronique à certaines de ces substances: perturbations immunitaires, augmentation du cholestérol, effets sur le développement et la croissance ou encore associations avec certains cancers.
L’European Food Safety Authority souligne par exemple que certains PFAS peuvent réduire la réponse immunitaire, notamment la production d’anticorps après vaccination. Ces données ont conduit les autorités européennes à renforcer les seuils de surveillance de ces substances dans l’eau potable.
Face à ces risques, il est utile de rappeler que la nature dispose elle-même d’un système de purification remarquable, la filtration lente de l’eau par les sols et les nappes souterraines. Pour certaines eaux, ce long cheminement souterrain peut s’étaler sur une soixantaine d’années.
Lorsqu’elle s’infiltre dans le sol, l’eau traverse progressivement différentes couches géologiques, sable, graviers, argiles ou encore roches calcaires. Au cours de ce processus de filtration naturelle, les particules sont retenues, certaines bactéries sont éliminées et une partie des contaminants est dégradée ou adsorbée par les minéraux du sol. Cette épuration naturelle contribue à la qualité de certaines nappes phréatiques qui alimentent une partie de l’eau potable en Europe et particulièrement en Belgique.
Pour les médecins et les professionnels de la santé, la qualité de l’eau est à considérer comme un déterminant environnemental de la santé à part entière, au même titre que la qualité de l’air, l’alimentation ou les conditions sociales. L’eau est indispensable à la vie, la protéger est notre devoir.
A l’occasion de cette Journée mondiale de l’eau, pensez à rappeler à vos patients l’importance d’en consommer mais aussi, de s’assurer de la qualité de celle-ci.
Santé !


