Les patients s’expriment, mais sont-ils entendus ?

Article publié le 25/03/2026
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Une étude américaine révèle que près des trois-quarts des personnes âgées atteintes d’un cancer avancé privilégient la qualité de vie à la survie, alors que seulement une sur 12, soit juste un peu plus de 8% déclarent vouloir surtout vivre le plus longtemps possible.

Ce résultat est déjà en soi une indication que la quasi-traditionnelle requête de la famille “Vous faites tout ce qui est possible docteur” est à prendre avec beaucoup de recul, mais ce n’est peut-être pas là le point le plus important.

L’étude en question, publiée dans JAMA Oncology, a été menée sur les données de personnes de 70 ans ou plus ayant un cancer incurable (tumeur solide ou lymphome) et chez qui la mise en œuvre d’un nouveau traitement à haut risque d’effets secondaires était envisagée. Lors de l’enrôlement dans l’étude ces personnes avaient signalé leur accord ou leur désaccord avec une simple phrase “Maintenir ma qualité de vie est plus important pour moi que de vivre plus longtemps.”

Parmi les 706 patients enrôlés, 506 ont indiqué que la qualité de vie était leur priorité, 59 ont choisi la survie et 141 n’ont pas exprimé de préférence marquée. Le résultat le plus intrigant de ce travail est que même lorsque les malades expriment leurs préférences, cela n’a en fait que très peu d’influence sur la conduite thérapeutique.
En clair, les soins prodigués sont pratiquement identiques et au final il n’y a pas de différences significatives en termes de traitements administrés, d’hospitalisations ou de taux de survie. Il est évidemment possible de se retrancher derrière le fait qu’il s’agit d’un travail mené aux Etats-Unis, mais sommes-nous certains que cela serait très différent chez nous ?

Il ne suffit pas d’écouter, il faut aussi entendre ! 

A ce titre, je m’en voudrais de passer sous silence l’excellent plaidoyer de l’ESMO/SIOG cancer in the elderly working group, publié dans ESMO Open qui vise à favoriser la mise en place de stratégies pragmatiques adaptées aux sujets âgés atteints de cancer en matière de design et de critères de jugement d’essais cliniques.

Parmi les propositions phares figurent :

  • un élargissement des critères d’inclusion de façon à mieux refléter les conditions de vie et les attentes réelles. Sont particulièrement visées les restrictions liées à l’âge de l’état civil et aux diminutions de fonction rénale qui tiennent apparemment plus d’un principe de précaution exacerbé que de solides justifications scientifiques.
  • l’intégration d’une évaluation gériatrique permettant tout à la fois d’éviter de sous-traiter des sujets âgés mais en bonne forme physique (perte de chances) ou de sur-traiter des patients fragiles (hypothétique amélioration au prix d’un réel risque accru d’effets indésirables)
  • l’introduction de critères d’évaluation d’efficacité appropriés. Chez le sujet âgé, ajouter de la vie aux années est souvent plus important qu’ajouter des années à la vie, ce qui souligne l’importance qu’il faut accorder à la qualité de vie, à la tolérance des traitements et à la préservation de l’autonomie.
Jean-Claude Lemaire

Jean-Claude Lemaire

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