Les ß-bloquants font partie du traitement préventif au long cours des personnes ayant fait un infarctus du myocarde depuis une quarantaine d'années. Cette place est cependant remise en question par les résultats de l'<a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa2504735" target="_blank" rel="noopener"><b>étude multicentrique randomisée REBOOT</b></a>, présentés lors d'une des sessions Hotline du récent congrès de l'European Society of Cardiology (<b>ESC 2025</b>, Madrid 29 août-1 septembre) et simultanément mis en ligne par le <b>New England Journal of Medicine</b>. Concrètement, cette étude a enrôlé 8.505 patients ayant un infarctus avec ou sans surélévation de ST, recrutés par 109 hôpitaux d'Espagne et d'Italie. Ces patients avaient en post-infarctus, une <b>fraction d'éjection ventriculaire gauche (FEVG) > 40%</b> et ne présentaient pas de manifestations ou d'antécédents de défaillance cardiaque. Tous été traités selon les standards actuels à leur sortie d'hôpital, la présence ou non d'un ß-bloquant dans ce traitement étant dictée par la randomisation. A l'issue d'un suivi médian de 3,7 ans, il n'a été constaté <b>aucune différence significative entre les deux groupes</b> en termes de taux cumulés de décès toutes causes, de récidive d'infarctus ou d'hospitalisation pour insuffisance cardiaque (critère principal) et il en était de même pour chacun des composants à titre individuel. Des résultats d'<a href="https://academic.oup.com/eurheartj/advance-article/doi/10.1093/eurheartj/ehaf673/8243876" target="_blank" rel="noopener">analyses de sous-groupes</a> suggèrent que prescrire un ß-bloquant pourrait faire plus de tort que de bien chez les femmes dont la FEVG est tout à fait normale et une <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(25)01592-2/abstract" target="_blank" rel="noopener">méta-analyse</a> regroupant l'ensemble des données individuelles disponibles à ce jour indique que les ß-bloquants pourraient apporter certains bénéfices aux patients ayant une FEVG modérément réduite (40 à 49%). A suivre…