La neuropathie périphérique est une complication fréquente de la chimiothérapie (environ 80% des patients) et les manifestations qu'elle engendre (douleurs, picotements et brûlures) peuvent persister après la fin du traitement (dans environ un quart des cas). Une équipe franco-américaine de chercheurs rapporte dans Science Advances avoir identifié une molécule dérivée du carbazole (Carba1) susceptible d'entraver, voire de prévenir l'apparition de cette complication qui est à ce jour sans traitement curatif. Carba1 agit via deux mécanismes distincts et complémentaires. D'une part, en interagissant avec la tubuline et donc la fonction des microtubules, elle renforce l'action des taxanes (dérivés connus pour leur tendance à provoquer cette complication) ce qui permet d'utiliser des doses plus faibles sans pour autant exposer à une diminution d'efficacité (action anti-tumorale). D'autre part, par activation enzymatique, elle stimule la production de dinucléotide nicotinamide-adénine (NAD), composé essentiel à la production d’énergie cellulaire, dont dépend la survie de toutes nos cellules, ce qui favorise la résistance des cellules nerveuses aux agressions de la chimiothérapie en général et pas seulement des taxanes (action neuroprotectrice). Testée sur des cultures cellulaires humaines et des rongeurs, cette molécule a permis de limiter la dégradation des cellules nerveuses habituellement touchées dans les extrémités et ainsi réduire les symptômes douloureux, sans pour autant affecter l'efficacité antitumorale. À suivre…