Il y a peu, nous évoquions l’adénotonsillectomie dont les indications mieux codifiées se sont nettement raréfiées. Et bien il se pourrait même que cette intervention devienne encore moins fréquente selon les résultats d’une petite étude randomisée contrôlée publiée dans JAMA Pediatrics.
Des expérimentateurs australiens ont enrôlé 150 enfants (3 à 12 ans) ayant des difficultés respiratoires pendant leur sommeil. Parmi eux, 139 sont allés au bout de la période d’initiation de 6 semaines pendant laquelle ils recevaient une pulvérisation intranasale de sérum physiologique. A l’issue de ces 6 semaines il a été constaté une résolution des symptômes dans près de 30% des cas (n =41) et 93 enfants avec symptômes persistants ont alors été randomisés vers un bras poursuite du sérum physiologique (n=46) ou vers un bras corticothérapie (monofuroate de mométasone, n=47).
A l’issue de cette nouvelle période de 6 semaines de pulvérisation intranasale (administration en double aveugle), il n’y avait pas de différence significative de résolution des symptômes entre les deux bras, respectivement 36,4% et 35,6% (n=16 dans chacun des bras).
Au total ce travail montre
- que la pulvérisation intranasale de sérum physiologique pendant 6 semaines solutionne les problèmes dans près d’un tiers des cas ;
- que 6 semaines supplémentaires de pulvérisation intranasale améliore encore la situation ;
- que sur cette période la corticothérapie ne fait pas mieux que le sérum physiologique ;
- qu’au total il y a résolution des problèmes dans pratiquement 50% des cas.
Avec une grande sagesse les expérimentateurs plaident pour 3 mois d’essai du sérum physiologique avant d’envisager la chirurgie.
Nous ne saurions mieux dire sauf à ajouter que ce travail montre avec brio que l’on peut faire très bien avec peu, autrement dit que le mieux (supposé) est parfois l’ennemi du bien (démontré).
Quelques détails supplémentaires dans l’abstract.




