Chez les femmes ayant des seins denses, la classique mammographie de dépistage a un degré de sensibilité peu satisfaisant, d'où un recours à des techniques complémentaires d'investigation. L'<strong>essai randomisé contrôlé BRAID</strong> (Breast screening—Risk Adapted Imaging for Density) a été mené dans 10 centres du Royaume Uni, qui ont permis d'inclure 6.035 femmes ayant des seins denses et une mammographie standard normale en vue de déterminer quel type d'imagerie complémentaire (IRM abrégée, mammographie avec injection de produit de contraste ou échographie mammaire complète automatisée) permettait de dépister le plus de cancers additionnels. Les résultats sont publiés dans <strong>The Lancet</strong>. Ils indiquent que pour 1.000 examens effectués avec chacune des techniques complémentaires, l'IRM abrégée et la mammographie avec injection de produit de contraste détectent chacune 17 cancers additionnels vs 4 avec l'échographie mammaire complète automatisée. Excellente étude qui clarifie une question longtemps sans réponse, mais ne lui faisons pas dire plus qu'elle ne dit. A ce stade nous ne savons pas si la détection de ces cancers et leur prise en charge plus précoce aura une influence sur les taux de <strong>mortalité spécifique</strong>. Les cancers détectés par IRM abrégée et mammographie avec injection de produit de contraste étaient majoritairement de petite taille (médiane 10 à 11 mm) et étaient limités au sein (pas d'envahissement ganglionnaire), faisant éventuellement se poser la question de la pertinence d'une intervention immédiate (risque de surdiagnostic ?) L'article est disponible en <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(25)00582-3/fulltext" target="_blank" rel="noopener">open access</a> et je vous encourage fortement à lire le paragraphe du chapitre Discussion consacré aux limites de l'étude.