Une étude multicentrique randomisée de phase 3 menée en France et en Belgique (12 centres) remet en question l'intérêt de la chimiothérapie adjuvante chez les <b>femmes âgées de 70 ans et plus</b> dont le cancer du sein (primaire ou récidive locale) est hormonodépendant et HER2 négatif. Les résultats publiés dans <b>The Lancet </b>indiquent que chez les femmes considérées comme à haut risque de récidive en raison d'un index de grade génomique élevé, la chimiothérapie adjuvante ajoutée à l'hormonothérapie n'aboutit pas à une différence significative de <b>survie globale</b> par rapport à l'hormonothérapie seule. Dans le cadre d'un suivi médian de 7,8 ans, les taux respectifs de survie globale sont de 90,5% et 89,3% à 4 ans et de 72,7% et 68,3% à 8 ans, les différences absolues de 1,3% à 4 ans et de 4,5% à 8 ans n'étant pas statistiquement significatives. A noter en plus que l'absence de chimiothérapie s'assortit d'une bien <b>meilleure tolérance</b>. Pratiquement 4 fois moins d'effets secondaires de stade 3 ou plus, soit 9% de patientes avec au moins un effet secondaire de stade ≥ 3 dans le bras hormonothérapie seul, mais 34% dans le bras avec chimiothérapie + hormonothérapie. Globalement <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(25)00832-3/abstract" target="_blank" rel="noopener">cette étude</a> : <ul> <li>montre que l'extrapolation à des femmes âgées de résultats obtenus chez des femmes plus jeunes s'avère problématique,</li> <li>incite dès lors à mener des études dédiées de façon à mettre en évidence les spécificités propres aux femmes âgées,</li> <li>plaide en faveur d'une <b>discussion éclairée</b> avec les patientes mettant en balance bénéfices à espérer (durée de vie) et risques à endurer (confort de vie).</li> </ul>