Les injections intra-articulaires sont fréquemment utilisées chez les patients ayant une gonarthrose, l'objectif étant de soulager les douleurs et ainsi de contribuer à retarder le moment où la mise en place d'une prothèse s'impose. Des objectifs louables, mais remis en question par un travail récemment publié dans <b>Radiology</b>. Les investigateurs ont analysé les données de 210 personnes enrôlées dans Osteoarthritis Initiative, ayant reçu une injection intra-articulaire unique de <b>corticoïde</b> (n=44) ou d'<b>acide hyaluronique</b> (n=26) et disposant de clichés IRM effectués 2 ans avant l'injection, au moment de l'injection et 2 ans après l'injection. 140 sujets n'ayant reçu <b>aucune injection</b> et appariés sur un score de propension prenant en compte les caractéristiques socio-démographiques, cliniques, fonctionnelles et radiographiques 2 ans avant l'injection, ont servi de contrôle. Les résultats attestent que les deux types d'injections diminuent efficacement la <b>douleur</b>, mais que le soulagement est plus marqué avec l'injection de corticoïdes. Cet avantage est cependant à pondérer par la constatation sur les <b>clichés IRM </b>d'une progression plus rapide de la <b>détérioration structurelle articulaire</b> (cartilage essentiellement) en cas d'injection de corticoïdes par rapport à l'injection d'acide hyaluronique et à l'absence d'injection. En d'autres termes, il y a fort à parier que le gain immédiat sur le plan algique se paie par un recours plus précoce (et non pas plus tardif) à l'arthroplastie, un aspect dont patient et soignant doivent être informés. Autre aspect à prendre en compte, les données suggèrent que les injections d'acide hyaluronique pourraient contribuer à <b>protéger l'articulation</b> en freinant l'évolution de la gonarthrose (dégâts articulaires moins prononcés après l'injection qu'avant l'injection). Tout cela est bien entendu à confirmer de façon prospective dans le cadre d'études randomisées contrôlées de plus grande envergure, mais ces résultats méritent déjà d'être divulgués, libre à chacun d'en faire l'usage qu'il considère comme le plus approprié. Tous les détails dans <a href="https://pubs.rsna.org/doi/10.1148/radiol.233081" target="_blank" rel="noopener">l'article</a> téléchargeable en accès libre et gratuit.