L'adaptation du traitement de façon à obtenir et maintenir un objectif (T2T pour Treat to Target) est une réalité dans de nombreux domaines pathologiques (hypertension artérielle, glaucome, diabète, polyarthrite rhumatoïde notamment), mais reste encore très peu utilisé dans d'autres. Est-ce dommageable pour les patients ?Une équipe majoritairement anglaise s'est penchée sur la question à propos de la goutte, en cherchant à savoir si le fait de maintenir un taux sanguin d'acide urique < 6 mg/dl s'accompagnait, outre une moindre survenue de crises, d'un meilleur pronostic cardiovasculaire.Pour ce faire, ils ont utilisé les données d'une cohorte de près de 110.000 goutteux, nouveaux utilisateurs d'hypo-uricémiants (âge moyen 63 ans, 22% de femmes) ayant un suivi allant jusqu'à 5 ans et les ont répartis en deux groupes selon qu'ils avaient (27%) ou pas (73%) atteint un taux sanguin d'acide urique < 6 mg/dl au cours des 12 premiers mois suivant la prescription. Les résultats indiquent pour les sujets ayant atteint l'objectif ont à 5 ans une meilleure survie et un moindre risque d'événements cardiovasculaires majeurs. Une analyse plus approfondie démontre que l'association est la plus forte pour les sujets à (très) haut risque cardiovasculaire et que les résultats sont plus marqués chez ceux ayant atteint un taux d'acide urique < 5 mg/dl.Autres détails et résultats chiffrés dans l'abstract du JAMA Internal Medicine.