Les morts subites sont souvent mises sur le compte de problèmes cardiaques méconnus, mais cela correspond-il vraiment à la réalité ? Les données de l’étude POST SCD (POstmortem Systematic Investigation of Sudden Cardiac Death) apportent des éléments qui confortent cette idée et pointent du doigt la part respective des différentes pathologies cardiaques comme cause de décès.
A l’origine du travail publié dans le Journal of the American College of Cardiology (JACC), la constatation qu’en dépit d’importants progrès dans la prise en charge des pathologies les plus souvent avancées comme coupables présumés (infarctus et cardiomyopathies dilatées ou hypertrophiques), persiste un nombre toujours très élevé de morts subites cardiaques.
Une équipe de San Francisco a pratiqué des autopsies systématiques dans 877 cas de mort subite cardiaque présumée et l’origine cardiaque n’a pas été confirmée dans 42% des cas.
Au sein de la population dont l’origine cardiaque du décès est confirmée (58%)
- une pathologie cardiaque connue (antécédent d’infarctus, insuffisance cardiaque, syncope) était présente dans 32% des cas,
- des pathologies patentes, mais occultes (majoritairement infarctus et cardiomyopathie dilatée) ont été mises en évidence dans 31% des cas,
- des anomalies structurelles évocatrices de ces pathologies (poids du cœur augmenté, diamètre ventriculaire gauche excessif, atteinte coronaire significative) ont été constatées dans 36% des cas,
- le cœur était sans anomalie dans moins de 1% des cas,
En clair, dans les morts subites cardiaques, des anomalies cardiaques sont effectivement mises en évidence à l’autopsie, mais elles sont silencieuses et méconnues dans les 2/3 des cas. A titre d’exemple, les atteintes coronaires sont 4 fois plus fréquentes qu’en cas de décès traumatiques.
Tous les détails dans l’article en accès gratuit.
Une meilleure détection des pathologies occultes est-elle possible? Permettrait-elle de diminuer les morts subites cardiaques et à quel prix ? Voilà de bonnes questions !




