S'il est admis que le diabète de type 2 confère un risque cardiovasculaire accru, l'intérêt de la prescription d'une statine en prévention primaire lorsque le niveau de risque apparaît minime ne fait pas l'unanimité.Afin de clarifier la question, une équipe a extrait les données d'une vaste cohorte de sujets du Royaume Uni âgés de 25 à 84 ans, ayant un diabète de type 2, suivis en médecine générale et sans antécédents d'évènements cardiovasculaires. Ces sujets ont été séparés en quatre groupes de niveau de risque cardiovasculaire à 10 ans : faible (< 10%), intermédiaire (10 à 19%), élevé (20 à 29%) ou très élevé (≥ 30%).Dans le cadre d'un suivi allant jusqu'à 10 ans, le devenir de ces sujets a été analysé selon qu'il y avait eu ou non initiation d'un traitement par statines en utilisant la technique d'émulation d'essai cible et en présentant les résultats selon l'intention de traiter.Ont été pris en compte, pour l'efficacité: la mortalité toutes causes et les événements cardiovasculaires majeurs et pour la tolérance: les troubles musculaires et les atteintes hépatiques.Les résultats indiquent une réduction significative tant absolue que relative de chacun des deux paramètres d'efficacité dans les quatre groupes de risque ;une absence de différence par rapport à la non prescription pour les atteintes hépatiques ; un très léger surcroît de troubles musculaires en cas de prescription d'une statine mais limité au seul groupe à risque cardiovasculaire intermédiaire.Plus de détails sur les données du groupe faible risque dans l'abstract détaillé des Annals of Internal Medicine.Finalement, ce travail donne raison à ceux qui considéraient le diabète de type 2 comme l'équivalent d'une atteinte coronarienne qui recommandait donc la prescription d'une statine. Voilà qui est, si non véritablement démontré, du moins très sérieusement étayé.