A force d'entendre vanter les mérites de telle ou telle classe de molécules, les utilisateurs potentiels se font des idées très souvent erronées de leurs capacités réelles, ce qui conduit à des déceptions et une mauvaise persistance du traitement une fois qu'il a été mis en place, voire des refus d'instauration.Medipodcast a déjà abordé ce problème à propos de l'utilisation des agonistes GLP-1, soulignant en particulier les faibles taux de persistance du traitement, qu'il s'agisse de la prise en charge d'une obésité ou d'un diabète.Un travail mené au Royaume Uni confirme cette situation et y ajoute la constatation qu'outre les arrêts du traitement (41% des cas à 1 an), il y a aussi souvent réticence à augmenter jusqu'aux doses de maintenance recommandées (escalade retardée dans 42% des cas et perpétuation de la dose initiale dans 21% des cas). Plus de détails dans l'article du Diabetes Obesity and Metabolism paru en open access.Il est évidemment tentant de se dire que cela tient beaucoup à l'encore relative nouveauté de cette classe thérapeutique et que nous sommes toujours en "courbe d'apprentissage", mais ce n'est pas aussi simple comme le montre un travail concernant les statines paru dans JAMA Internal Medicine qui a évalué la plus petite différence absolue de risque cardiovasculaire pouvant justifier la mise en place d'un traitement par statine. Cette enquête menée en ligne a concerné des adultes âgés de 40 à 75 ans n'ayant jamais pris de statines. (254 aux États-Unis et 297 au Japon). Le communiqué de presse dédié montre que pour toutes les propositions de niveaux de risque de survenue d'un événement cardiovasculaire à 10 ans (2%, 10% et 20%), les attentes des répondants (réduction absolue d'au moins 7,5%, ce qui correspond environ à une diminution du risque relatif de 50 à 75%)) excèdent ce que peuvent réellement offrir les statines. Une fois informés de ce que peuvent réellement offrir les statines (réduction relative du risque de l'ordre de 25% pour tous les niveaux de risque), l'enquête montre que la proportion de répondants se déclarant prêts à prendre une statine est respectivement de l'ordre de 14 à 19%, 24% et 31% à 34% pour un risque initial faible, modéré et élevé et que même si les statines réduisaient le risque à 0, le refus d'en prendre concernerait respectivement 60 à 80%, environ 40% et 20 à 40% des répondants.Pourra-t-on un jour faire correspondre les attentes aux résultats? Deux pistes à creuser, mieux informer et éduquer les candidats au traitement et améliorer les performances de ces derniers. Vaste programme.