Il s'agit d'un sujet en pleine évolution avec historiquement, de grandes réticences pour des problèmes de sécurité et aujourd'hui, de plus en plus d'indices de possibilités de bénéfices.Une revue systématique actualisée (jusqu'en juillet 2025) avec méta-analyse effectuée par une équipe brésilienne apporte des éléments intéressants.Les résultats publiés dans Alimentary Pharmacology and Therapeutics proviennent de l'analyse des données relevées dans 25 études ayant enrôlé près de 82.000 patients atteints de cirrhose. Il n'y avait cependant que 9 essais randomisés contrôlés représentant au total presque 800 patients, dont environ la moitié avaient reçu une statine.Il en ressort une réduction significative de la mortalité toutes causes tant dans l'analyse globale (OR 0,59) que dans l'analyse limitée aux essais randomisés contrôlés (OR 0,45) et cette diminution va de pair avec une réduction significative du gradient de pression veineuse hépatique.Une réduction importante d'incidence de décompensation est constatée dans l'analyse globale (OR 0,56), mais pas dans l'analyse limitée aux essais randomisés contrôlés (OR 0,75, mais IC 95% incluant l'unité).Les données observationnelles indiquent une protection vis-à-vis du carcinome hépatocellulaire (OR 0,61), mais aucun essai randomisé contrôlé n'a mentionné un tel résultat.Au total, bien des inconnues demeurent. A ce stade, la prise de statine peut être considérée comme sûre en cas de cirrhose compensée mais une utilisation comme traitement de fond reste du domaine d'une possible éventualité ultérieure qu'il convient de tester de façon précise et rigoureuse sur de vastes échantillons de population.L'article est disponible en open access. A noter qu'un autre article souligne la bonne tolérance hépatique des statines en cas de pathologies du foie et pointe du doigt également de possibles bénéfices en relation avec l'un ou l'autre des effets pléïotropes de cette classe médicamenteuse