Contrairement à une hypothèse prévalant depuis longtemps, il semble que les AVC lacunaires, qui représentent environ 25% de l’ensemble des AVC ischémiques, ne sont pas en rapport avec l’accumulation de dépôts lipidiques dans la paroi artérielle.
Cette remise en question résulte des anomalies observées dans le cadre d’un travail ayant concerné 220 patients ayant fait soit un AVC lacunaire, soit un AVC non lacunaire de gravité légère. Ces patients ont fait l’objet d’évaluations cliniques et cognitives et d’une IRM cérébrale au moment de leur AVC, puis de nouveau un an plus tard, ce qui a permis de confirmer le type d’AVC, de visualiser les signes de maladie des petits vaisseaux cérébraux (ceux qui sont en cause dans les AVC lacunaires) et de rechercher l’apparition de nouvelles zones de lésions cérébrales.
Les investigateurs se sont plus particulièrement intéressés au rétrécissement des grosses artères lié à des dépôts graisseux et à la dilatation et l’étirement des petites artères intracérébrales.
Ils rapportent dans Circulation que le rétrécissement des grosses artères est fréquemment observé dans les AVC non lacunaires et qu’il n’est pas prédictif de l’apparition de nouvelles zones de lésions cérébrales lors du suivi. En revanche, la dilatation des petites artères intracérébrales est étroitement liée à la maladie des petits vaisseaux cérébraux et aux AVC lacunaires.
Les sujets présentant cette dilatation ont un risque 4 fois plus élevé d’AVC lacunaire. Ils ont une charge plus importante de maladie des petits vaisseaux cérébraux, leurs lésions cérébrales s’aggravent plus rapidement et ils ont un risque accru de développer des AVC silencieux (apparition de nouvelles petites lésions du tissu cérébral causées par une interruption de l’apport sanguin, mais n’engendrant pas de symptômes apparents). Plus d’un participant sur quatre a développé de tels AVC silencieux au cours de l’étude, alors qu’ils étaient traités par antiagrégants plaquettaires pour prévenir la survenue de nouveaux AVC.
D’autres détails dans l’article proposé en open access.
Selon les investigateurs, ces données indiquent que les AVC lacunaires sont en rapport avec la maladie des petits vaisseaux cérébraux, que les traitements classiques employés dans les autres formes d’AVC sont insuffisants et qu’il faudrait développer de nouvelles approches ciblant plus précisément l’atteinte des petits vaisseaux.
Pour l’heure, des essais cliniques visent à déterminer si des médicaments existants (cilostazol et mononitrate d’isosorbide notamment dans LACunar Intervention Trial 3) sont capables de protéger le cerveau, de réduire le risque de nouveaux AVC et d’aider à prévenir les troubles de la mémoire, de la mobilité et la démence après un AVC lacunaire.
A suivre…






