Une récente méta-analyse des données individuelles de patients enrôlés dans cinq essais randomisés remet sérieusement en question la prescription systématique d'un ß-bloquant en post-infarctus. Les 5 essais en question portaient exclusivement sur des sujets ayant une fonction ventriculaire gauche préservée (≥ 50%) et la méta-analyse avait pour objectif d'évaluer l'impact du traitement ß-bloquant sur un critère composite regroupant décès toutes causes, infarctus du myocarde et insuffisance cardiaque. Les résultats, publiés dans The New England Journal of Medicine, concernent une cohorte de 17.801 patients qui selon la randomisation de chaque essai avaient ou non reçu un ß-bloquant. Dans le cadre d'un suivi médian de 3,6 ans, un des événements du critère composite d'évaluation principal est survenu chez 717 patients du groupe ß-bloquant et chez 748 patients du groupe sans ß-bloquant, soit 8,1% vs 8,3% différence d'incidence non significative (HR 0,97 ; p 0,54).Il n'y avait pas non plus de différence significative d'incidence (exprimée en événement pour 100 patients-années) entre groupe avec ß -bloquant vs sans ß-bloquant pour aucun des 3 composants du critère principal.Décès toutes causes 1,07 vs 1,03 Infarctus du myocarde: 1,19 vs 1,33 Insuffisance cardiaque: 0,24 vs 0,28.Ces résultats étaient globalement cohérents dans tous les sous-groupes prédéfinis, y compris chez les femmes et les patients âgés. Les critères d'évaluation de la sécurité étaient également comparables entre les groupes. Ces résultats ne remettent nullement en question le traitement par ß-bloquant en cas de fraction d'éjection diminuée, mais pour des valeurs de 50% et plus on peut clairement s'en passer s'il n'y a pas d'autre indication à leur prescription.