Le bon sens suggère qu'il est peut-être souhaitable d'être moins rigoureux, mais en réalité… La vaste <b>étude randomisée </b><a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(24)01028-6/abstract" target="_blank" rel="noopener"><b>ESPRIT</b> </a> a montré qu'un contrôle intensif de la pression artérielle (systolique < 120 mm Hg) diminuait significativement le risque d'événements cardiovasculaires majeurs (MACE) par rapport à un contrôle moins strict (systolique < 140 mm Hg). Dans le cadre d'une analyse post-hoc, publiée dans le <b>Journal of the American College of Cardiology</b>, les expérimentateurs ont vérifié que ce résultat s'appliquait indépendamment du statut de fragilité des quelque 11.000 sujets à haut risque cardiovasculaire enrôlés (âge moyen 65 ans, non fragiles 39%, fragilité modérée 47% et fragilité sévère 14%). Il s'avère que c'est bien le cas, le contrôle intensif diminue le <b>risque de MACE et de mortalité toutes causes </b>de façon similaire pour tous les statuts de fragilité. Comme l'on pouvait s'y attendre, il y avait légèrement plus d'<b>effets secondaires </b>dans le bras contrôle plus strict, mais l'existence d'une fragilité n'en augmentait pas la fréquence par rapport à l'absence de fragilité. Tous les détails dans<a href="https://www.jacc.org/doi/10.1016/j.jacc.2025.08.092" target="_blank" rel="noopener"> l'article</a> disponible en accès libre et gratuit. A ceux qui rétorquent que cette étude a concerné des Chinois et qu'elle n'est donc pas forcément transposable, rappelons qu'une analyse similaire de l'<b>étude SPRINT </b>menée aux USA et publiée dans <b>Circulation </b>arrive à des conclusions tout à fait similaires, comme vous pourrez le constater dans <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.123.064003" target="_blank" rel="noopener">l'article</a> disponible en accès libre et gratuit. En conclusion, <b>la fragilité est un marqueur de risque</b> augmenté de MACE et de décès toutes causes et le contrôle intensif de la pression artérielle permet de réduire ce risque sans exposer à une probabilité élevée d'effets secondaires dommageables. Pourquoi donc devrait-on négliger cet atout ?