Le fait de s’alimenter dans une plage horaire restreinte prédéfinie (jeûne intermittent) est une approche très populaire présentée comme un moyen diététique simple du contrôle du poids et de l’amélioration métabolique.
Une équipe allemande a eu la curiosité de vérifier cette hypothèse dans le cadre d’une étude croisée menée sur 31 femmes en surpoids ou obèses. Pendant 2 semaines, ces femmes ont successivement limité leurs apports alimentaires habituels à deux périodes distinctes de 8 heures (8 – 16 heures puis 13 – 21 heures ou l’inverse selon la randomisation).
Les apports alimentaires étaient contrôlés de façon à ce que la ration calorique soit la plus proche possible de celle apportée habituellement et sans différence notable entre les deux périodes testées (apports à visée isocalorique).
Les résultats publiés dans Science Translational Medicine sont loin d’être aussi enthousiastes que ceux qui sont souvent rapportés dans la littérature et mis en avant par les réseaux sociaux.
Sur le plan pondéral, les deux périodes testées vont de pair avec une très légère diminution du poids (environ 1 kg pour la prise alimentaire 8 – 16 heures et environ 450 g pour la prise alimentaire 13 – 21 heures), ce qui peut s’expliquer par un déficit calorique journalier de l’ordre de 165 Kcal. A noter également que la pratique d’une période d’alimentation restreinte s’accompagne de modifications de comportement en journée et des habitudes de sommeil (sorte de resynchronisation de l’horloge biologique particulièrement marquée pendant les 2 semaines 13 – 21 heures).
En revanche, à l’issue d’aucune des deux périodes il n’a été constaté d’amélioration de la sensibilité à l’insuline et de l’homéostasie glucidique, ni de modification des paramètres cardiométaboliques (pression artérielle et équilibre lipidique), des marqueurs d’inflammation et de stress oxydatif
Finalement, les résultats indiquent qu’avec le jeûne intermittent sans restriction calorique, il n’y a pas d’obtention des améliorations métaboliques souhaitées.
Peut-être que l’ajout d’un jeûne intermittent permettrait d’optimiser les résultats obtenus via une restriction calorique, mais cela reste à démontrer.





