Une bactérie intestinale sécrétant une toxine pourrait aggraver la rectocolite hémorragique (RCH) via la destruction des cellules immunitaires qui participent au maintien d'une barrière épithéliale intestinale protectrice. Si les causes de la RCH restent mal cernées, plusieurs travaux ont impliqué une défaillance de la protection apportée par la <b>barrière épithéliale intestinale</b> dont l'intégrité est essentiellement garantie par les macrophages intestinaux. En témoignent : <ul> <li>la constatation de la <b>quasi-absence de macrophages</b> sous-épithéliaux résidents (y compris dans les zones ne présentant pas encore d'inflammation) lors de l'examen de biopsies de côlon de sujets atteints de RCH,</li> <li>la démonstration, sur modèles murins, d'une <b>vulnérabilité accrue du côlon</b> à l'inflammation lorsque ces macrophages sont éliminés.</li> </ul> Sur cette base, des chercheurs rapportent dans <a href="https://www.science.org/doi/10.1126/science.adz4712" target="_blank" rel="noopener">Science</a>, avoir identifié dans des échantillons fécaux de patients atteints de RCH la présence d'aérolysine, une <b>toxine porogène</b> produite par une variante de la bactérie <i>Aeromonas</i>, qui s'avère être létale pour les macrophages mais pas pour les cellules épithéliales. En attestent le fait que, chez les souris, l'infection par la bactérie productrice d'<b>aérolysine </b>: <ul> <li aria-level="1">a fortement aggravé la colite, ce qui n'était pas le cas avec des souches mutantes ne produisant pas d'aérolysine,</li> <li aria-level="1">est restée sans effet chez des souris dont le nombre de macrophages résidents intestinaux avait déjà diminué,</li> <li aria-level="1">a généré des symptômes atténués lorsque l'aérolysine avait été neutralisée par des anticorps.</li> </ul> Enfin, dans le cadre d'une étude clinique portant sur 574 personnes, les chercheurs ont constaté que des souches d'<i>Aeromonas</i> étaient présentes chez 72% des patients atteints de RCH, mais seulement chez environ 12% des individus sains et quasiment absentes chez les patients atteints de maladie de Crohn. Globalement ces données étayent le lien entre cette bactérie et l'apparition et l'évolution de la RCH et laissent envisager des applications thérapeutiques. A suivre…