En règle générale, une situation qui s’aggrave engendre des efforts pour revenir dans le droit chemin. Pourtant, deux rapports totalement indépendants dressent un portrait peu réjouissant des conséquences du dérèglement climatique sur notre santé et de l’évolution de notre résilience. La mise en parallèle des données de ces deux rapports indique qu’en matière de climat, l’aggravation va plutôt de pair avec une perte d’espoir.
Le rapport sur le changement climatique et la santé publié dans The Lancet Public Health souligne que le changement climatique d’origine humaine fait déjà des victimes et entraîne des conséquences sanitaires de plus en plus graves à travers l’Europe, se traduisant notamment par une forte hausse des décès liés à la chaleur et des risques accrus de maladies infectieuses sensibles au climat.
Le nombre d’alertes canicule a plus que triplé (+318%) par rapport aux années 1990 et une hausse de la mortalité liée à la chaleur est constatée dans la quasi-totalité du continent européen. On estime à environ 62.000 le nombre de décès liés à la chaleur en 2024. Les vagues de chaleur extrêmes touchent de manière disproportionnée les populations les plus vulnérables, notamment les nourrissons, les personnes âgées, les personnes atteintes de maladies chroniques et les travailleurs en extérieur.
Le changement climatique contribue également à la propagation des maladies infectieuses en Europe. Le risque d’épidémies de dengue a presque quadruplé entre 1980 et 2010, tandis que les zones côtières propices aux infections à Vibrio se sont considérablement étendues, même dans des pays comme l’Italie et la France.
Peut-être plus anecdotique, mais néanmoins dérangeant, la saison pollinique dure désormais une à deux semaines de plus que dans les années 1990, prolongeant ainsi les difficultés des personnes allergiques.
Pour de plus amples détails, se référer au rapport complet publié en open access.
Le rapport IPSOS people and climate change s’est pour sa part penché sur la perception des risques consécutifs au réchauffement climatique et sur notre aptitude à les surmonter.
Si globalement il y a toujours une majorité de personnes pensant que chacun à titre individuel peut faire quelque chose pour contrer le dérèglement climatique, il est constaté une baisse non négligeable du pourcentage de répondants qui partagent ce point de vue. A titre d’exemple, parmi les 26 pays inclus à la fois dans l’enquête en 2021 et 2026, la baisse est de 9% aux Pays-Bas, 15% en France et 20% en Belgique.
Et il est navrant de constater qu’en moyenne, en 2026, un quart des répondants est d’avis que le changement climatique est hors de contrôle et qu’il est trop tard pour y faire quoi que ce soit (Pays-Bas 22%, Belgique 25% et France 62%).
L’essentiel du rapport sous forme de pdf en cliquant ici.
Les deux rapports plaident en faveur d’un sursaut salutaire passant pour une large part par une accélération de la transition énergétique en faveur des énergies renouvelables et décarbonées.
Bonne lecture.



