Une étude prospective longitudinale de 6 mois menée au Brésil souligne que la précarité socio-économique est dommageable pour le développement moteur au cours des premiers mois de la vie.
Les investigateurs ont suivi entre 3 et 8 mois, 88 bébés nés à terme dont 50 provenant de familles en situation de précarité socio-économique. Ce travail montre que chez ces 50 enfants, les étapes clés du développement moteur (saisir des objets, se retourner et s’asseoir) sont plus tardives et que la diversité de leurs mouvements (manière de saisir ou de ramasser un jouet par exemple) est moindre que chez ceux non exposés à la pauvreté.
Cela doit nous préoccuper dans la mesure où des données indiquent que de légers retards moteurs au cours de la première année de vie peuvent influencer le développement global et être associés à des troubles du comportement à l’âge scolaire, notamment déficit de l’attention avec hyperactivité et troubles de la coordination.
La bonne nouvelle est que l’éducation des mères (il s’agissait souvent d’adolescentes) :
- évite des comportements inadaptés (bébé laissé seul pendant trop longtemps et sans possibilité réelle de se mouvoir de façon efficace),
- contribue à mettre en place des habitudes favorables (périodes de position allongée sur le ventre renforçant les muscles du cou, de la partie supérieure du torse et des bras),
- permet le renforcement des interactions mère-enfant (temps passé à parler, chanter ou jouer avec le bébé même avec des jouets aussi rudimentaires qu’un simple papier froissé).
Les mesures préconisées lors des visites à domicile dans le cadre de l’étude ont été globalement très bien reçues et mises en pratique, ce qui a permis une meilleure stimulation des bébés et un rattrapage du retard.
Les résultats de cette expérimentation qui était l’objet de la thèse de doctorat de la première signataire de l’article sont publiés en open access dans Acta Psychologica.





